Réouverture du château de Villeneuve-Lembron

7 juillet 2016 Institutionnel

Visitez le château et redécouvrez  ses peintures et ses fresques !

 

    
À la suite d’une importante campagne de restauration permettant de consolider le logis nord et la tour nord-ouest, le Centre des monuments nationaux (CMN) rouvre à la visite, après deux ans de fermeture, ce château édifié au XVème siècle au cœur du Puy-de-Dôme. La restauration monumentale est complétée par un chantier des collections alliant entretien, restauration et acquisition. Huit portraits de la famille Pélissier de Féligonde, dernier grand propriétaire du château de Villeneuve-Lembron, ont ainsi pu être acquis par l’établissement et vont être réinstallés pour la réouverture le 7 juillet dans le salon blanc lambrissé par la famille au milieu du XVIIIème siècle.

LES PORTRAITS 

Ces portraits représentent plusieurs membres de la famille Pélissier de Féligonde, dernier grand propriétaire du château de Villeneuve-Lembron. Acquis par Isaac Dufour en 1650, le château devient en 1754 la propriété de Michel Pellissier de Féligonde (1729-1767) grâce à son mariage avec Élisabeth Dufour de Villeneuve (1736-1814). La famille de Féligonde s’est illustrée au cours de l’histoire au sein de l’armée, mais aussi dans les métiers juridiques, ce qui lui valut son anoblissement.

Les portraits, peints dans les premières décennies du XVIIème siècle pour la plupart, sont encore anonymes malgré la qualité de leur facture. Ils sont parfaitement représentatifs de la peinture de portrait en France dans les premières décennies du XVIIIème siècle inspirés par la leçon de Pierre Mignard puis de Hyacinthe Rigaud. Il s’agit pour l’essentiel de portraits de famille figurant des couples en tondo. Portraits d’homme de loi, de militaire en armure, et de leurs épouses, ils témoignent du rôle social des Pélissier de Féligonde et de leurs alliés. Certaines incertitudes pèsent encore sur les identifications des modèles qui reposent sur la tradition familiale indiquée sur de petites étiquettes au dos des tableaux. En effet, il n’existe aucune estampe permettant de vérifier ces identités dans les fonds publics.

 
Ces portraits, conservés in situ avant la dispersion des collections au début du XXème siècle par le baron de Thuret, incarnent une partie de l’histoire du château. En effet, le monument était apprécié au XIXème siècle pour ses remarquables peintures murales mais aussi pour ses collections anciennes qui ont pu être reconstituées après la Révolution. De plus, ces portraits rappellent aux visiteurs l’un des enjeux essentiels de la peinture à cette époque : ils conservent la mémoire de ceux qui les ont commandés. C’était alors une nécessité sociale, un témoignage de continuité dynastique, un instrument de justification et un gage d’alliance inter-familiale.

L’installation des tableaux dans le salon blanc rendra à cette pièce la vocation décrite par Tardieu en 1877[1] : la salle « de droite contigüe à la tour Nord-Est, (…) lambrissée au XVIIIème siècle ; (…) contenait des meubles de cette époque et des portraits de famille ». Un album de 25 photographies prises au château de Villeneuve-Lembron, actuellement conservé à la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand, figure une « galerie de portraits existants au château avant sa vente par le baron de Thuret et dispersés chez des collectionneurs. Cet album vient de la famille de Féligonde qui en était le dernier propriétaire »[2]. Cet album garde ainsi mémoire du château, de ses principaux décors et aménagements, et de ses collections de portraits avant leur dispersion définitive. L’album comprend aussi une vue intérieure du salon décrit par Tardieu où l’on devine la présence d’au-moins deux des portraits acquis.

 

[1]Ambroise Tardieu, Dictionnaire historique du Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand, 1877, p. 21

[2]Album du château de Villeneuve-Lembron : galerie de portraits existants au château avant sa vente par le baron de Thuret et dispersés chez des collectionneurs, Bibliothèque du Patrimoine. Clermont-Ferrand
   


    

LA CAMPAGNE DE RESTAURATION 

La Direction régionale des affaires culturelles d’Auvergne a réalisée en 2008 un important chantier de restauration ayant permis la restitution du décor peint « en damier » de la façade occidentale. 

Le Centre des monuments nationaux, qui gère, conserve et ouvre à la visite le monument, achève désormais cette campagne avec la restauration du corps central du logis nord et la tour nord-ouest pour accueillir de nouveau les visiteurs à l’été prochain. En effet, l’aile principale du château de Villeneuve-Lembron présentait des désordres, liés à un problème de stabilité. Les planchers des salles accusaient d’autre part un léger fléchissement, nécessitant une expertise de leur portance. Le château est resté fermé au public durant les travaux, son parc restant néanmoins ouvert aux visiteurs. 

2,25 millions d’euros ont été investis par le Centre des monuments nationaux dans cette demeure seigneuriale caractéristique de la période de transition entre Moyen-Âge et Renaissance. 

UN CHANTIER DES COLLECTIONS ET UNE POLITIQUE D'ACQUISITION

Cette restauration monumentale est complétée par un chantier des collections alliant entretien, restauration, redéploiement et acquisitions. Plusieurs œuvres majeures ont notamment été restaurées telles que la table de titulature de Rigault d’Aureille, datant de la fin du XVème siècle ou une chaise à porteurs du XVIIIème siècle ayant appartenu aux Pelissier de Féligonde. Les lits de la chambre de la Bergère, datant en partie du XVIIème siècle, et ceux de la chambre jaune, datant en partie du XVème, ont également été restaurés.

Les collections sont par ailleurs redéployées dans le monument et enrichies par une politique de dépôts et d’acquisitions raisonnée C’est dans ce cadre que huit portraits historiques provenant du château de Villeneuve-Lembron, ont été acquis auprès de la branche familiale des Seigneurs de Féligonde. Ils vont être ré-accrochés in situ, dans le salon blanc, situé au rez-de-chaussée du château et lambrissé par la famille Pélissier de Féligonde au milieu du XVIIIème siècle, redonnant un caractère habité au château.

UNE DEMEURE SEIGNEURIALE CARACTÉRISTIQUE DE LA TRANSITION
ENTRE MOYEN-ÂGE ET RENAISSANCE

Le corps de logis, de plan carré, est cantonné par quatre tours. Entouré de fossés secs, il est doté d’une enceinte intérieure ouvrant par une porte en anse de panier donnant accès à une basse-cour. Ces quatre tours rondes et les larges fossés évoquent le rôle défensif des châteaux qui persistait encore à l'époque de sa construction. De plan trapézoïdal, le château est structuré autour de trois ailes de logis et d’une aile plus basse, couverte en terrasse. 

Le corps de logis, de plan carré, est cantonné par quatre tours. Entouré de fossés secs, il est doté d’une enceinte intérieure ouvrant par une porte en anse de panier donnant accès à une basse-cour. Ces quatre tours rondes et les larges fossés évoquent le rôle défensif des châteaux qui persistait encore à l'époque de sa construction. De plan trapézoïdal, le château est structuré autour de trois ailes de logis et d’une aile plus basse, couverte en terrasse.

DES DÉCORS PEINTS EXCEPTIONNELS

Le château a conservé d’exceptionnels décors peints. Ces peintures murales parfois humoristiques ont été préservées. Les plafonds, les cheminées décorées aux XVIème, XVIIème et XVIIIème siècles donnent au château une authenticité et une épaisseur historique  particulières. Sous la galerie, la cour intérieure est ornée au rez-de-chaussée, de peintures humoristiques à fresque. La vivacité de l'imaginaire de la fin du XVème siècle se manifeste avec notamment un portrait de Rigaud d'Aureille et des illustrations de contes satyriques comme le "dit de la Bigorne" et celui de la "Chiche Face" ainsi que le "dit de l'astrologue" et le "dit du vieux maître d'hôtel".

 La voûte du bâtiment des écuries est ornée de peintures murales évoquant l'opposition du bien et du mal réalisée au cours du XVIème siècle. Les ébrasements des fenêtres des ailes XVIIème se peuplent quant à eux de personnages de la mythologie romaine et d’ornements.
  

Peintures murales des écuries du château de Villeneuve-Lembron © Philippe Berthé / Centre des monuments nationaux